Capteurs CO2 au bureau : mesurer pour mieux ventiler
Le CO2 est le meilleur témoin du renouvellement d'air. Bien utilisé et relié à la GTB, il transforme la mesure en pilotage de la ventilation.
Pilotez votre ventilationInstaller des capteurs de CO2 est devenu un réflexe dans les bureaux. Mais un capteur qui affiche un chiffre ne sert à rien s'il n'enclenche aucune action. Le vrai sujet n'est pas de mesurer le CO2, c'est d'en faire le déclencheur d'une ventilation qui suit l'occupation réelle. Cet article explique ce que mesure vraiment le CO2, quels seuils viser, les pièges à éviter, et comment passer de la mesure au pilotage.
Pourquoi le CO2 est le bon indicateur
Le dioxyde de carbone est produit en continu par la respiration des occupants. Un travailleur de bureau assis en expire de l'ordre de 20 litres par heure. Dans un local fermé, sa concentration grimpe dès que le renouvellement d'air ne suit pas le nombre de personnes présentes. C'est ce qui en fait un témoin direct du confinement : le CO2 dit si l'air est suffisamment renouvelé, en temps réel et à faible coût.
Ce lien entre CO2 et ventilation n'est pas nouveau. Dès 1985, les pouvoirs publics se sont appuyés sur un objectif de CO2 pour fixer le débit de 25 m³/h d'air neuf par occupant inscrit aujourd'hui dans le Code du travail. Le CO2 est donc, depuis longtemps, la grandeur de référence pour juger de l'aération d'un bureau.
Pilotez votre ventilationQuels seuils viser au bureau
L'INRS retient qu'une concentration inférieure à 1000 ppm correspond à une bonne qualité d'air dans les locaux à pollution non spécifique comme les bureaux. En période épidémique, il recommande de viser 800 ppm pour réduire le risque de transmission par aérosols. Pour situer ces valeurs, l'air extérieur se trouve autour de 400 ppm.
| Concentration de CO2 | Interprétation |
|---|---|
| ≈ 400 ppm | Référence de l'air extérieur |
| < 800 ppm | Air très bien renouvelé (objectif épidémique) |
| < 1000 ppm | Bonne qualité d'air au bureau (INRS) |
| > 1000 ppm | Renouvellement d'air insuffisant |
Ces seuils sont des repères de gestion, pas des limites sanitaires : ils servent à décider quand renforcer l'aération.
Pilotez votre ventilationCe que le CO2 ne dit pas
Le capteur de CO2 a une limite essentielle à connaître : il mesure le confinement, pas la toxicité de l'air. L'ANSES rappelle que le CO2 n'a pas, à lui seul, de signification sanitaire directe. Un bureau peut afficher un CO2 correct tout en contenant des polluants chimiques comme le formaldéhyde, qui dépendent des matériaux et non de l'occupation.
Autre piège, souligné par l'INRS : surveiller en permanence qu'un seuil n'est pas dépassé n'est pas une approche satisfaisante en soi. La bonne méthode consiste d'abord à mesurer le CO2 en conditions réelles, sur une durée représentative, pour comprendre le comportement du local, puis à régler la ventilation en conséquence. Le capteur est un outil de diagnostic et de pilotage — pas un certificat d'air sain.
Pilotez votre ventilationDe la mesure au pilotage de la ventilation
C'est ici que la mesure prend toute sa valeur. En reliant les capteurs de CO2 à la gestion technique du bâtiment (GTB), on asservit les débits de ventilation à l'occupation réelle de chaque zone. Quand une salle de réunion se remplit et que le CO2 monte, la ventilation accélère ; quand un plateau se vide, elle ralentit. C'est le principe de la ventilation à la demande.
Le double bénéfice est net : un air maintenu sain là où il y a du monde, et des économies d'énergie en évitant de ventiler à plein régime des espaces vides. ADE Solutions met en œuvre ce type d'asservissement sur les installations CVC et leur régulation. Pour le cadre d'ensemble, voir notre article sur la qualité de l'air intérieur au bureau et celui sur la réglementation QAI.
Pilotez votre ventilationBien déployer ses capteurs
La fiabilité d'un capteur dépend de son emplacement. Le Haut Conseil de la santé publique recommande de le placer à l'écart des entrées et sorties d'air, des portes et fenêtres, et hors des flux d'air directs, pour qu'il reflète l'air réellement respiré par les occupants. Un capteur posé près d'une bouche de soufflage ou d'un ouvrant affichera une valeur faussement basse et fera prendre de mauvaises décisions.
Au-delà du placement, le déploiement gagne à être pensé par zones d'usage — open-spaces, salles de réunion, espaces densément occupés — et intégré dès la conception à la régulation CVC. C'est cette intégration, plus que le capteur lui-même, qui transforme une donnée en air sain et en économies.
Pilotez votre ventilationQuestions fréquentes sur les capteurs CO2
Pourquoi mesurer le CO2 dans les bureaux ?
Le CO2 est produit par la respiration des occupants : sa concentration reflète directement le niveau de confinement et donc l'efficacité du renouvellement d'air. Le mesurer permet de savoir si la ventilation suit l'occupation réelle. C'est, selon l'INRS, un bon indicateur de la qualité de l'air dans les locaux à pollution non spécifique comme les bureaux.
Quel taux de CO2 ne faut-il pas dépasser au bureau ?
L'INRS retient qu'une valeur inférieure à 1000 ppm correspond à une bonne qualité d'air dans un bureau, et recommande de viser 800 ppm en période épidémique pour limiter la transmission par aérosols. À titre de repère, l'air extérieur se situe autour de 400 ppm. Au-delà de 1000 ppm, le renouvellement d'air est considéré comme insuffisant.
Un capteur de CO2 suffit-il à garantir un air sain ?
Non. Le CO2 mesure le confinement, pas la toxicité : selon l'ANSES, il n'a pas à lui seul de signification sanitaire directe et ne renseigne pas sur les polluants chimiques comme le formaldéhyde. De plus, l'INRS souligne qu'une surveillance permanente d'un seuil n'est pas une approche satisfaisante : il faut d'abord mesurer en conditions réelles, puis ajuster la ventilation. Le capteur est un outil de pilotage, pas une preuve de salubrité.
Comment relier les capteurs CO2 à la ventilation du bâtiment ?
Les capteurs de CO2 peuvent être intégrés à la gestion technique du bâtiment (GTB) pour asservir les débits de ventilation à l'occupation réelle de chaque zone. Quand le CO2 monte, la ventilation augmente ; quand les locaux se vident, elle se réduit. Ce pilotage à la demande maintient un air sain tout en évitant de ventiler à plein régime en permanence, ce qui économise de l'énergie. ADE Solutions met en œuvre ce type d'asservissement.
Où placer un capteur de CO2 dans un bureau ?
Le capteur doit être représentatif de l'air respiré par les occupants : à l'écart des entrées et sorties d'air, des portes et fenêtres, et hors des flux d'air directs, comme le recommande le Haut Conseil de la santé publique. Une mesure mal placée, près d'un ouvrant ou d'une bouche de soufflage, donne une valeur faussement rassurante et fait perdre tout son intérêt au pilotage.
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